Article paru dans le journal Le Progrès

Édition du 14 septembre 2019

Hervé Jolivet sculpteur sur bois, et passeur inspiré des mystères fabuleux de la construction romane.

Dans le bois mort qu’il récupère, Hervé Jolivet discerne bien quelque chose de vivant, aussi il sculpte « en conscience » les pièces qui auront une fonction particulière dans la maison des clients qui lui passent commande.

Voyageur décidé, cherchant infatigablement la terre idéale qui saurait l’accueillir, Hervé Jolivet a fini par comprendre qu’elle n’était qu’une vue de l’esprit, une étoile qui aurait perdu en chemin sa brillance. Ses valises posées dans l’ouest lyonnais, il s’est accommodé des contraintes de la sédentarité, et a découvert les richesses du patrimoine roman proche.

Mais cet ex-ouvrier du bâtiment, s’est surtout découvert une passion pour les origines de ces petites chapelles, parfois millénaires et bâties sur d’anciens sites néolithiques, et toujours debout.
Il s’est posé la question du sens. Par le biais des offices du tourisme, il propose aux visiteurs, de les initier à la géométrie sacrée et aux complexes réseaux telluriques qui semblent être l’âme de ces vieilles pierres toujours chargées d’énergie.

sylvotherapieOn le retrouve aussi en forêt, vers Py Froid, au- dessus d’Yzeron, expliquant aux visiteurs que les arbres, malgré leur silence, ont des spécificités bien définies, s’expriment et comme tout être vivant, souffrent quand on les maltraitent, en les coupant avec rage, à n’importe quelle lune par exemple. Ils l’expriment, (par les odeurs) communiquent et même s’entraident , en se prévenant des dangers et des prédateurs !

Mais Hervé Jolivet qui ne s’accommode pas trop du terme « bois mort », est aussi sculpteur. Il fabrique dans la solitude et la concentration, des pièces « symboliques »:
« Je suis allé voir les Maoris, en Nouvelle Zélande, et leurs sculptures ont une fonction: elles sont chargées d’une énergie particulière qui doit éloigner le mal,et protéger par exemple ».

Quant aux chapelles, elles évoquent le besoin inhérent à l’être humain depuis les origines, de se sentir « relié ». Au ciel, à la Terre, et avec la présence de la mort, de comprendre qu’il n »était qu’un invité sur cette Terre, un humble acteur d’une cohésion et du maintien d’une harmonie. Et non pas entité dévastatrice, détruisant pour servir ses intérêts matérialistes, attitude généralisée à notre époque où l’individualisme n’est pas fondamentalement remis en cause et coupe l’homme de sa dimension et de sa dignité profonde : « Les gens ressentent ce besoin de renouer avec une certaine profondeur, et de respecter plutôt que de maltraiter la nature : aujourd’hui c’est une destruction paroxystique qui marque la fin d’une époque. Les gens veulent comprendre leurs origines, celles de l’humain au sens noble du terme, incarner une responsabilité ».

De notre correspondante Dominique-Myriam DORNIER

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